En bref,
(source Wikipedia)
Mellionnec [mɛljɔnɛk], est une commune française située dans le département des Côtes-d’Armor en région Bretagne. Cette commune rurale de 399 habitants en 2021 fait partie du Kreiz Breizh et plus spécifiquement du Pays Pourlet. Longtemps tournée vers l’agriculture de subsistance, l’activité économique et culturelle du village connaît un développement important dans les années 2000 avec l’ouverture de commerces et structures de l’économie sociale et solidaire et l’implantation d’une école de cinéma.
Toponymie
En breton le nom de la commune est Melioneg (souvent prononcé « Méc’héneuc »).
Le nom de la localité est attesté sous les formes Parrochia de Meillonec en 1265, Parrochia de Mellionnec en 1278, Meillonec en 1291 et vers 1330, Meillonnec en 1387 et en 1448, Melienec en 1477, Mellonnec en 1516.
La toponymie du nom Mellionnec correspond au nom breton melchon voulant dire trèfle, qui est une variante de meillion au même sens. Le suffixe eg est l’endroit où il y a… Donc nous pouvons dire qu’à Mellionnec auparavant se trouvait un champ de trèfle suffisamment important pour que ce lieu soit reconnu de par cette caractéristique. Mellionnec peut aussi désigner un « lieu à violettes », de mellion(violette).

Histoire
(source Wikipedia)
Mellionnec serait issu d’un démembrement de la paroisse de l’Armorique primitive de Plélauff, ou peut-être de celle de Plouray.
Moyen Age
On fait mention de la paroisse de Mellionnec dans des chartes du XIIIe siècle relatives aux seigneurs du Léon(seigneurs de la paroisse avant les ducs de Rohan) et dans des actes de donation à l’abbaye de Bon-Repos, mais il y a tout lieu de croire qu’elle existait bien avant.
La seigneurie de Trégarantec était la plus importante seigneurie de la paroisse. Elle disposait du droit de moyenne et basse justice. Les seigneurs de Trégarantec étaient des vassaux des seigneurs de Guémené. Ils avaient leurs écussons peints dans les vitres de l’église paroissiale avec ceux des seigneurs du Poul.
Les premiers seigneurs de Trégarantec portaient le nom de leur terre. Ainsi le plus ancien seigneur dont le nom nous soit parvenu se nommait Alain de Trégarantec et vivait en août 1271, date à laquelle il figure dans une vente faîte par Alice de Hennebont à Geoffroy de Rohan.
En plus du château de Trégarantec, il y avait dans la paroisse les manoirs du Poul, de Restambleiz, de Kergourant et de Kerhelegouarch. Le sieur du Poul, dans un aveu rendu à la cour de Guémené en 1628, déclare qu’il a un écusson dans l’église paroissiale de Mellionnec dans la vitre du côté de l’Évangile. Le manoir du Poul était au XVIIIe siècle aux mains des de Robien, sieur de Pontlo. Ils appartenaient à une des plus prestigieuses familles de Bretagne. créanciers car il était couvert de dettes.
Temps modernes
L’église de Mellionnec a été construite en 1647.
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Mellionnec en 1778 : « Melionec [Mellionnec] : à 15 lieues un quart au Nord-Ouest de Vannes, son évêché ; à 24 lieues trois quarts de Rennes ; et à 4 lieues un sixième de Corlai [ Corlay ], sa subdélégation. Cette paroisse, dont la cure est à l’Ordinaire, ressortit à Hennebon [ Hennebont ], et compte 1000 communiants. M. le Prince de Guemené en est le seigneur. »
Révolution française
Bien que la paroisse de Mellionnec ait fait partie du diocèse de Vannes (doyenné de Guémené) sous l’Ancien Régime, la commune de Mellionnec est rattachée au département des Côtes-du-Nord et dépend donc désormais du diocèse de Saint-Brieuc.
Mellionnec est chef-lieu de canton de 1790 jusqu’en l’an X. François-Marie Saint-Jalmes assure l’interrogatoire de 17 personnes suspectées d’être des Chouans. Mellionnec est rattaché au canton de Gouarec en 1801.
Pendant la Révolution Française, le 19 juin 1795, les Chouans au retour de leur coup de main sur la poudrière de Pont-de-Buis, firent une halte au château de Trégarantec avant de se séparer en deux groupes26. Cet imposant édifice, cerné de bois impénétrables, était un refuge et une place d’armes pour les Chouans qu y cachèrent leur butin dans ses immenses caves voûtées27.
Le XIXe siècle
Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 que Mellionnec dispose d’une école mixte ayant 35 élèves, qu’on y parle le breton, que trois foires y sont organisées (les 20 janvier, 26 juin et 27 juillet), que « son territoire est accidenté, boisé dans ses parties productives, nu et découvert dans celles qui ne le sont pas », que les terres y sont « sablonneuses, légères et médiocres, des prés de qualité médiocre faisant à peu près le neuvième de la superficie » et que les landes sont très étendues, occupant environ le tiers de la commune.
Lors du pardon de Notre-Dame de Pitié qui se tenait chaque année le 29 janvier, il était d’usage d’y conduire tous les chiens du pays.
Le XXe siècle
À partir de 1920, la population de Mellionnec diminue fortement en raison de l’exode rural. En un siècle, la population est passée de 1407 habitants (1921) à 389 habitants (2018).
La Première Guerre mondiale
Le monument aux morts de Mellionnec porte les noms de 77 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale.
Un soldat originaire de Mellionnec, François Laurent, du 247e régiment d’infanterie fut fusillé pour l’exemple le 19 octobre 1914 à Châlons-sur-Marne (Marne) pour « abandon de poste devant l’ennemi suite à une automutilation » par décision du conseil de guerre de la 4e armée. Les autonomistes bretons de l’Entre-deux-guerres ont prétendu qu’il n’avait pas pu se défendre car, parlant seulement breton, il ignorait le français .
Le 9 décembre 1933, la cour spéciale de justice militaire a annulé le jugement du conseil de guerre de la 4e armée, qui avait condamné le 18 octobre 1914 François Marie Laurent, à la peine de mort pour abandon de poste en présence de l’ennemi. De ce fait, la mémoire du soldat a été réhabilitée. La cour condamne l’État à payer des dommages-intérêts à MmeLaurent ainsi qu’à ses deux enfants. Une cérémonie officielle organisée principalement par M. Le Guen, ancien maire de Mellionnec, est organisée le 5 août 1934. Cette réhabilitation solennelle provoqua des polémiques.
L’Entre-deux-guerres
Le monument aux morts de Mellionnec, qui a la forme d’un obélisque placé sur un pilier et orné d’une croix latine a été inauguré après la Première Guerre mondiale.
Le 28 février 1935 la foudre tomba sur l’église de Mellionnec, faisant tomber le clocher et détruisant la toiture : « on estime à plus de 20 m³ le volume des matériaux projetés dans toutes les directions, et qui sont aller briser, jusqu’à 50 mètres de distance, les monuments funéraires du cimetière voisin ».
La Seconde Guerre mondiale
De nombreux maquisards de la commune participèrent à la Résistance. Certains y laissèrent la vie. Par exemple Le Matin, alors journal collaborationniste, écrit le 7 décembre 1943 qu’« un des bandits [en fait un résistant] qui avait pris part à l’attaque de la gendarmerie de Guémené-sur-Scorff a été arrêté à Mellionnec ».
L’ancien lieutenant de marine François Le Guyader, habitant Mellionnec, est engagé dans la résistance dans le mouvement Libération-Nord, section de Guéméné sur Scorff. Cet homme participe en tant que chef de section aux combats de Kergoët en Langoëlan le 1er juillet 1944. Finalement c’est une victoire de la résistance contre l’occupant. Dans le combat, François Pimpec, de Mellionnec est tué, alors que le lieutenant Le Guyader ainsi que le sergent parachutiste Bonis sont capturés par les Allemands. On retrouve le corps de François le Guyader à la fin de la guerre, avec de nombreux autres cadavres, dans une fosse sur la commune de Berné dans le Morbihan. François Quintric, qui participa aux combats de Langoëlan, est arrêté le lendemain du coup de force de la Résistance, à la suite d’une dénonciation, dans l’une des dépendances du château de Trégarantec. Emmené au Faouët, il y subit des interrogatoires, et meurt des suites de la torture qu’il subit.
François le Guyader, François Pimpec et François Quintric sont inscrits sur le monument aux morts de Mellionnec en compagnie de 9 autres militaires morts pour la France dans la Seconde Guerre mondiale.
Arrêté pour activités FTP, Léon Guilloux, né à Mellionnec, est jugé et condamné à la peine de mort le 29 juin 1944, et fusillé le lendemain à Saint-Jacques-de-la-Lande (35). Hervé Botros, un automiste breton, aurait aidé à son arrestation; il est lui-même fusillé à Quimper le 21 septembre 1945.
Un autre résistant FTP, membre de la compagnie Guy Moquet, Roger Quintric, né à Mellionnec le 6 juillet 1920, inspecteur de police, est arrêté le 6 janvier 1944 et fusillé en même temps que 11 autres résistants, après avoir été atrocement torturé le 6 mai 1944 au camp de manœuvre de Ploufragan.
Le renouveau (années 1990-2020)
Depuis les années 1990, le village connaît un renouveau économique et culturel. Des néoruraux s’installent sur la commune, l’école ouvre à nouveau, et plusieurs commerces s’installent : un boulanger bio, devenu une SCOP, un café épicerie (Folavoine), une librairie (2018), l’auberge À la belle étoile en 2023, ainsi qu’une école de cinéma documentaire, Skol Doc. Le bourg connaît ainsi un rajeunissement de sa population et a pu enrayer son déclin démographique : entre 2013 et 2016, les effectifs de l’école primaire ont presque doublé. Près de dix naissances ont été enregistrées en 2016. Près de 25 % de la population a moins de 20 ans en 2018.
Chaque année, depuis 2007, au mois de juin, sont organisées Les Rencontres du film documentaire de Mellionnec.

