Depuis 2013, Ty films propose chaque année à quatre jeunes auteur·es de réaliser chacun·e le portrait d’un·e habitant·e de Mellionnec.
L’idée est simple : les réalisateur·ices ont trois semaines pour écrire, réaliser et monter leur film. À la clé, une projection en ouverture des Rencontres du film documentaire, une diffusion sur les chaînes locales bretonnes, sur la plateforme « KUB » et dans divers festivals.
Chaque réalisateur·ice arrive avec son regard et de chaque rencontre découle un film singulier.
Pour les quatre portraitistes, c’est un vrai défi que nous proposons : en deux semaines, il faut faire la connaissance d’un·e habitant·e, se chercher, s’apprivoiser, trouver un langage commun.
L’univers des réalisateur·ices se mêle à la personnalité de leur personnage, et de là naît un film.
Les cinéastes sont accompagné·es par une équipe de professionnel·les du cinéma documentaire.
Au fil des ans, c’est à la fois le portrait de la commune qui se dessine et le portrait de la jeune création documentaire contemporaine.
De nombreux portraits sont présentés ci-dessous. Pour voir TOUS les Portraits de Mellionnec, rendez-vous ICI.
Aurélien
2021 Aurélien, de Sabrina Daniel-Calonne
Aurélien a 39 ans. Il est marié et a deux filles. Il est boulanger au fournil de Mellionnec. Son quotidien, c’est le pain, le marché à Saint-Brieuc, la sortie de l’école. Aurélien est cordial mais peu expansif. Est-il heureux ? A-t-il un secret ?
Mario
2021 « Nasdrovje« , Mario, d’Hortense Lemaitre
Mario est né dans la Yougoslavie du maréchal Tito. Il arrive à Paris en 1970 et y rencontre Josiane, son trésor, la femme de sa vie. C’est ainsi qu’un jour ce couple s’installe à Mellionnec, nouvelle terre d’élection dans laquelle ils font leur vie. Pour Mario, la Bretagne est devenu son pays, gardant des souvenirs contrastés de son enfance dans ce qui est aujourd’hui la Croatie.
Nathalie
2021, Nathalie, de Lucile Coda
Circuits courts, polyculture… Nathalie applique les bons vieux usages de l’agriculture paysanne, son activité étant principalement dédiée à un troupeau de vaches, des blondes et des parthenaises. Le film de Lucile Coda s’attache à montrer les gestes d’un travail habituellement fait par des hommes, s’attardant sur l’attention que Nathalie porte à chacune de ses bêtes. Observée et questionnée par son fils Mathéo qui commence à s’intéresser au métier, elle vit également avec son père qui lui a cédé la ferme au moment de la retraite et qui garde un œil sur ce qui s’y passe.
Zia
2021, Zia, d’Isabelle Vaillant
Zia, est une adolescente qui vit à Mellionnec avec sa mère, sa sœur et son frère. La jeune fille aborde son adolescence de façon lucide et sans fard, elle nous livre ici ses points de vue sur la vie et nous fait vivre des moments de liberté, de fragilité et de poésie.
Clotilde
2020 « De film en aiguille » Clotilde d’Elodie Gabillard.
Pour ses 80 ans, Clotilde a cousu un tableau fait d’une multitude de bouts de tissus lui rappelant des moments de sa vie. Elodie Gabillard filme se patchwork en forme de fleur et écoute Clotilde compter toutes ses vies.
Titouan
2020 « Tous les hommes sont passés par là » Titouan de Joris Le Guidart.
Titouan, un lycéen de 16 ans, sportif, musicien, nous livre avec sincérité les questionnements qui sont les siens à cette époque charnière de sa vie, entre l’enfance et l’âge adulte. Un portrait pétri d’amour et d’humour. Le réalisateur Joris Le Guidart a su établir une complicité avec son personnage qui lui permet de le suivre dans sa métamorphose.
Jean Luc
2020 « Hors Champs », Jean-Luc, d’Arsinée André
Les Portraits de Mellionnec contribuent pour partie à documenter la vie des agriculteurs au 21e siècle. Celui de Jean-Luc, éleveur de vaches laitières, par Arsinée André elle-même agricultrice et documentariste, aborde la question des vacances, une pratique encore assez rare dans cette profession. C’est donc dans les jours qui précèdent son départ que Jean-Luc est filmé, préparant le terrain et le cheptel à un remplaçant qui viendra faire l’indispensable travail de veille et de traite du troupeau.
Marijana
2020 « Juste une particule » Marijana de Julie Grossetête.
Julie Grossetête nous invite à un voyage en poésie auprès de Marijana qui nous fait découvrir sa vision et sa philosophie. La nature, l’art et sa vie de mère de famille forme un tout qui se mêle et se démêle au quotidien.
Gigi
2019 « Le jour des songes » Gigi de Adeline Moreau
L’écriture est son sport quotidien, Gilbert Bourdin de son vrai nom, écrit des chansons pour enfants. Il est le fondateur du groupe Les Ours du Scorff. Le Scorff, rivière qui, à Lorient, va se jeter dans l’océan. La maison de Gigi surplombe ces sources. Les Sources du Scorff devient donc, à partir d’un jeu de mots, discipline dans laquelle Gigi excelle, Les Ours du Scorff.
Pierre-Yves
2017, « Rocks around the clock », Pierre-Yves, de Julien Scheidle
Déposer son fils à l’école, filer au boulot à 80 km de là, en revenir, enfiler dare-dare son bleu de travail et faire avancer le chantier de la future maison familiale que déjà la cloche de l’église sonne ! C’est l’heure de récupérer la grande à la piscine, la petite à la crèche, d’attraper sa basse et de filer à la répèt des Lucky Deaf, son groupe de funk… avant de recommencer le lendemain. Vous l’aurez compris, Pierre-Yves est un homme qui vit à 100 à l’heure. D’autres que lui s’éreinteraient dans cette course folle contre la montre. Lui n’y perd ni le nord, ni sa joie de vivre.
Eïdi
2017, « Bain Révélateur« , Eïdi, d’Emmanuel Piton
Eïdi est un portrait en miroir, l’héroïne y est filmée une caméra super 8 en main, produisant des images qui apparaissent dans le montage. Eïdi nous parle de la norme qui oppresse, de notre peur de ne pas se conformer aux règles, et de notre tentation d’y échapper.
Hans
2017, Hans, de Kenan an Habask
Voici le portrait d’un couple d’émigrés luxembourgeois venus se fixer à Cornec, un hameau proche de Mellionnec. Hans et Florence ont choisi d’y vivre la simplicité volontaire : un tracteur en guise d’automobile, leurs travaux de rénovation faits maison… Hans se veut polyvalent, tout en cultivant sa passion. Familier des ordinateurs, il surfe non pas sur Internet mais sur les Ultra Hautes Fréquences qui lui permettent de communiquer avec des radios amateurs du monde entier. Une activité qui le plonge des heures durant dans les modulations d’où émergent des voix d’outre-monde, distordues par leur long parcours dans la stratosphère.
Odette
2017, « Odette au printemps « , de Quentin Bernard
Odette, 80 ans, rejoint une amie proche pour nettoyer son château, un vieux penty minuscule qui était la maison de sa grand-mère.
C’est l’occasion, en parallèle, d’entrer dans un conte : habillée d’un grand manteau rouge à capuche, Odette foule d’un bon pas le territoire vallonné de son enfance.
En voix-off, elle raconte les différentes expériences de sa vie qui lui ont permis d’être une femme libre.
Yvette
2016, « La clé des champs », Yvette, de Cyril Andres
Yvette vit dans la maison où elle a vu le jour en 1928. Yvette ne s’arrête jamais, elle cueille des fleurs pour un pardon, retrouve ses amis à la messe, se rend à un chapelet, toujours au volant de sa voiture. Une vie qui semble rythmée par l’organisation des évènements religieux. À travers le témoignage d’Yvette, le réalisateur nous conduit dans un passé où l’Église prenait une place importante dans l’éducation des jeunes filles.
Patricia
2016, « Mon Ouest Sauvage », Patricia, de Guillermo Moncayo
Un homme replace dans la nature luxuriante du Kreiz Breizh des mannequins d’animaux sauvages : bison, ours, biche, héron… tandis qu’une femme nous parle de sa vie intérieure : arrivée ici un mois avant l’énorme tempête de décembre 99, elle a entendu sa maison craquer de partout ; Rien de grave en fait, elle ne faisait que respirer. Patricia se confie à Guillermo Moncayo, le documentariste colombien qui réalise son portrait. Elle nous raconte son plaisir d’être dans la maison des autres aussi, d’apprécier leurs objets, de leur rendre leur propreté. Faire le ménage : un travail qui libère l’esprit.
Antoine
2016, « Distorsion minds », Antoine, de Liza Guillamot
Avec son film Distorsion minds, Liza Guillamot nous emmène dans la tête d’Antoine, gratouilleur de cordes et xylophoniste, oisif professionnel et fainéant de droit, tant que cela sera possible (il est lycéen pour l’heure). Bouchons dans les oreilles, lunettes vissées sur le nez, Antoine vit dans sa bulle, fréquentant ces mondes entièrement fait de pixels, dans lequel tu dois survivre.
Te Tshumidav
2016, « Une façon de vivre en musique », Tshumidav, de Estelle Ribeyre
Un champ, deux roulottes, une caravane.
Deux musiciens.
Un enfant.
Le film, fait de photographies en noir et blanc, s’immisce un instant dans le quotidien des personnages. Martin et Lisa jouent de la musique tzigane.
Martin et Lisa vivent en roulotte depuis leur enfance.
Ils sont entiers, ils sont justes.
Olivier
2015, « Les mots d’Olivier » de Marion Geerebaert
Olivier a vécu enfant à Mellionnec avec ses grands parents, puis il a dû partir en famille d’accueil. À 18 ans, il est enfin parvenu à revenir et à bâtir sa propre famille avec Mélanie à Mellionnec. Chaque nuit, il se lève à 4 heures pour aller travailler à la plateforme d’Intermarché à Rostronen. Manutentionnaire. La base va fermer bientôt. C’est annoncé. Pour envisager d’autres projets, Olivier s’engage dans une remise à niveau. Trop difficile à concilier avec le travail et les enfants.
Marie-Claude
2015, Marie-Claude, « La somme de nos amours« , de Salomé Laloux-Bard
À dix-sept ans, le premier baiser échangé avec celui qui deviendra son mari a déterminé sa vie. Aujourd’hui, Marie-Claude se souvient de ce qui a fait la texture de son existence. Elle rejoue les gestes qu’elle a fait des centaines de fois derrière le comptoir de son commerce, comme si son corps portait la mémoire de toute une vie. Elle raconte ses souvenirs, décrit la sensation que procure une intimité si longtemps partagée avec un homme.
Très loin d’enfermer Marie-Claude dans la solitude, ce portrait aux allures de confidence, montre une vie qui continue, dans la joie d’une soirée partagée ou dans la douceur d’une danse.
Thomas
2015, Thomas, d’Yves Mimaut
Thomas a 17 ans, il est fils de paysans, installés dans les hauteurs de Mellionnec, un village de 400 habitants du Centre Bretagne. De retour de l’internat, il aide ses parents sur la ferme, il l’a toujours fait, mais il rêve d’ailleurs, de lointain, d’Alaska. Alors le soir venu, Thomas travaille ses cours, renonce aux sorties avec les copains, pour nourrir ses ambitions : je serai zoologiste.
Djamila
2015, Djamila, de Laëtitia Foligné
Djamila et Fabien sont dans le ciment, le plâtre, les peintures… en train de bâtir leur nouvelle habitation, à Mellionnec. L’idée au départ, c’était une cabane, mais elle s’est transformée en maison, avec trois chambres et même un dressing !
Djamila est un film sur l’autoconstruction : de son foyer, de soi-même.
Georges
2014 Georges, de Sarah Balounaïck
Être tout ce que l’on a été
Images en super 8, floues, d’un couple qui enfourche une moto tout terrain. STOP, REWIND, PLAY.
Un homme âgé engoncé dans son pull, fait rouler sa tête sur ses épaules pour assouplir ses cervicales, son souffle est court, ses yeux mi-clos… Ses bras maintenant, qu’il étire vers le plafond, dans le halo matinal d’une chambre close. Un instant la filmeuse et le filmé se sondent du regard, l’homme semble penser : Voilà, je suis comme nu devant cette jeune femme qui me filme. Elle le regarde en effet, avec acuité.
Marine
2014 Marine, de Maxime Moriceau
Une poule sur un accoudoir, à la table des humains, une gamine qui se balance au fond du jardin… Nous sommes bien à Mellionnec, au hameau du Rest, le bien nommé « hameau du repos ».
Didier
2014 « Lettre à celui qui n’en a jamais reçu« , d’Emilie Morin
Tu voudrais savoir qui je suis ? D’où je viens ? Peu importe, je suis là. Je fais du pain, donc je suis boulanger. Si j’arrête le pain, je suis un promeneur, un rêveur.
Alain
2013, « La porte ouverte« , Alain, de Lucie Lemaître
Pas un bruit ici, on peut vivre la porte ouverte… Cette possibilité de la porte ouverte est le sujet du film qui tourne autour d’un secret. En louant l’hospitalité de cette « commune », qui offre selon lui un bon compromis entre nature et civilisation, Alain – écoutée par Lucie Lemaître – apporte une pierre saillante à l’édifice des Portraits de Mellionnec.
En préambule, la réalisatrice demande à celui qui se trouve dans l’oeil de l’objectif d’exprimer ce qu’il attend de ce film à faire. Que les gens me découvrent en fait… je ne sais pas si je dirai tout mais… je crois que c’est le moment.Nous assistons en (cinéma) direct à un rendez-vous qu’Alain (se) donne, à lui-même, à nous autres, pour partager son lourd secret.
Marie
2013, « Livré à soi-même« , Marie de Clara Luce Pueyo
Littéraire, khâgneuse, puis formée au Créadoc sous la direction de Mariana Otero, Clara-Luce Pueyo vit et travaille en Bretagne.
Le Portrait. Voici le mot qui résume au mieux la démarche artistique de la réalisatrice. Le portrait dans le quotidien et le banal, au plus près de l’autre. L’Autre comme un ailleurs, inattendu, avec qui construire des ponts et changer de regard sur le monde.
J’ai neuf ans et j’habite à Mellionnec. Marie a de l’aplomb et le sens de la concision. Avant Mellionnec, elle vivait à Saint Étienne : Là-bas, c’était route-parking-immeuble. Or Marie aime la nature et les animaux. Surtout les poules, dont elle adore récolter les œufs.
Laetitia
2013, « Paysanne« , Laetitia, de Nelly Sabbagh
Nelly Sabbagh, passionnée d’écriture, de voyages, de photo et de vidéo, partage sa quête sur son site des figures :
Il s’agit d’inventer des projets mêlant la création artistique, une approche anthropologique et le lien social.
Voici le portrait de Laëtitia en famille. Une famille de cinq et sa douce routine : brosser les dents, faire les devoirs, ranger la chambre… Tout cela est finement saisi par Nelly Sabbagh, épaulée par la caméra de Sarah Balounaïck.
Bondieu
2013, « C’était en 2013″, Bondieu, d’Oona Spengler
Oona Spengler débarquait à Mellionnec, en centre Bretagne, après bien des voyages à travers le monde. C’est à ce moment précis qu’elle rencontre Bondieu. Pas plus terre à terre que Bondieu ! L’incarnation du bon sens paysan, des vérités simples assénées avec désarmante sincérité. Quand il pleut je m’ennuie ! La première chose que je fais le matin, c’est la revue du jardin ! Faut bien mettre les organes à l’épreuve !
